Je pense que c'est le seul livre que j'ai depuis des lustres, sans l'avoir lu en entier, ayant pourtant toujours eu envie de le terminer, de savoir!
C'est chose faite, pendant les fêtes de Noël justement, au coin du feu, j'ai enfin terminé "Jessie". J'avoue, il y aurait pu y avoir plus "light" pendant Noël, mais que voulez-vous...
Voici le résumé qu'en a fait Mr J'ai Lu:
"Les poignets enchaînés aux montants du lit par des menottes, Jessie vit un cauchemar. Gisant sur le plancher, les yeux révulsés, Gerald, son mari, est mort, victime de sa libido et du coup de pied qu'elle lui a donné dans un moment de dégoût. Comble de l'horreur, un chien errant s'est introduit dans la chambre, un clebs affamé prêt à planter ses crocs dans la joue de Gerald!
Si personne ne vient la libérer - et qui viendrait? sa villa du lac Kashwakamac est totalement isolée -, Jessie ne tardera pas à mourir à son tour. Torturée par la soif, les muscles tétanisés. Avec, en prime, ces voix OVNI dans la tête, qui lui jettent son passé à la figure.
De la douleur à la folie il n'y a qu'un pas. Et lorsqu'elle voit dans l'ombre ce visiteur du soir à la mallette en peau humaine, elle sent le monde basculer..."
.jpg) |
| J'aime son côté tout chiffoné |
Ce n'est pas mon premier Stephen King, ce n'est pas non plus mon énième, j'ai beaucoup aimé "Rage", j'adore les huit-clos de toute manière, et pour "Jessie", on peu dire justement que le huit-clos est le problème dans sa situation ^^
Je me délecte de la façon qu'à SK (pour aller plus vite) d'écrire. Franc, cru, proche du lecteur... Imaginez, pondre un bouquin de plus de 400 pages dont 95% se passe dans une chambre, avec très peu de protagonistes... Bah oui, Jessie, Gerald, le toutou, le visiteur et... C'est tout? Il faut être sacrément doué! Ha mais suis-je bête, je parle d'un livre de Stephen King... ;)
Comment va-t-elle s'en sortir? Va-t-elle s'en sortir d'ailleurs? Grâce à sa force mentale, point crucial de l'histoire. SK développe la psychologie du personnage à un tel point qu'on croirait connaître Jessie par coeur. Seule, face à elle-même, tout d'abord, le lecteur assiste à un match incessant entre les différentes "voix" qui dominent son esprit. Bobonne qui se soumet, est couarde, bien pensante ou encore Ruth (en référence à une amie de jeunesse) qui au contraire ne se laisse pas marcher dessus et met les choses à plat. Non, elle n'est pas "folle", ce ne sont pas des voix intrusives, qu'elle ne connaît pas, elles sont les manifestations de toutes les nuances de sa personnalité. Elles se révéleront être ses meilleures amies, mais aussi ses pires ennemies! Face à elle-même (entre autres voix), Jessie se souviens de son enfance pas-si-heureuse-que-ça, et spécialement du moment où le "soleil s'est éteins", luttant contre ce souvenir atroce auquel elle ne veut plus penser.
Même si l'action au sens propre avance plutôt lentement, on se retrouve tellement curieux de connaître les détails de la vie de Jessie, et les plans qu'elle a l'intention de mettre en oeuvre pour tenter de se sortir de là qu'on reste accroché, si je puis me permettre ce jeu de mot... J'avoue que parfois j'étais un peu lasse/impatiente par moment, il y a pas mal de coupures, on passe d'un chapitre à l'autre de la situation dans la chambre à un évènement de son enfance par exemple, où l'inverse, alors qu'on veut continuer sur notre lancée, savoir la suite ce qui peut être un peu énervant, mais au final cela accroche le lecteur, ce qui n'est pas un mal =) J'ai lu 4 heures d'affilé avant épuisement total tellement je voulait savoir, donc il me semble que l'on peut affirmer que ce livre rempli bien son rôle.
Je ne peux pas spoiler au cas où le curieux qui passe par là voudrai se délecter de ce petit bijou, mais ce que je peux dire c'est que cette histoire nous permet de voir que l'on peut être son pire ennemi, et retranscris d'une excellente façon un sentiment d'isolement pesant, effrayant. La crainte pour sa vie, l'égoïsme dont on fait preuve en cet instant, jusqu'où nous sommes prêts à aller pour rester en vie, sans que cet ouvrage ce limite à ce seul aspect "survie". Le combat que Jessie mène pour ne pas devenir folle, perdre la tête est prenant, de plus, la présence du visiteur inquiétant (heu, non en fait, complètement flippant, quand vous lirez la description vous pourrez faire un rapprochement avec un tueur en série célèbre) ajoute un cran dans l'horreur de la situation. Comme prise dans un piège à rat, Jessie oscille entre désespoir, cran, colère, désarroi, sang-froid... Une palette d'émotions merveilleusement mise en valeur par Stephen King. Il ne se perd pas dans son personnage, il en a la complète maîtrise, aucune incohérence, c'est juste un Maître.
Je ne peux que vous conseiller vivement cette lecture, si vous aimez les huits-clos, les sinistres secrets de famille, bref, vous prendre la tête ou bien encourager à haute voix le héros du livre que vous êtes en train de lire, foncez!